Enter your keyword

Risques

La nouvelle plate-forme d’orientation, lancée le 15 janvier 2018, pose de nombreuses questions d’organisation et de stratégies pour les filières sélectives et les lycéens

1/ Quel est le risque majeur du dispositif Parcoursup ?

Parcoursup et la loi ORE renversent le paradigme d’affectation des lycéens dans l’enseignement supérieur : alors qu’APB visait d’abord à satisfaire les vœux des candidats avec le baccalauréat pour seul critère, Parcousup vise en premier lieu à permettre aux formations de choisir leurs étudiants en fonction de critères secrètement choisis.

Ce nouveau pouvoir met de fait les formations en concurrence pour obtenir les meilleurs candidats. Ces meilleurs candidats conduisent mécaniquement à de meilleurs indicateurs clés de performances, qui eux-même conduisent à des arbitrages budgétaires plus favorables ainsi qu’à une meilleure attractivité de la formation, qui elle-même conduit à une concurrence accrue entre les candidats pour obtenir cette formation, qui conduit ensuite à une plus grande concurrence entre les filières…
Les formations sélectives vont classer les candidats, comme auparavant, mais les universités aussi.

2 / Fin du tirage au sort . Vraiment ?

Pour éviter le tirage au sort , l’outil d’aide à la décision de Parcoursup permet aux commissions d’examens des voeux de faire un classement qui repose sur deux critères quantitatifs fournis par défaut :
• 2.1 la moyenne pondérée des notes de contrôle continu du lycée,
• 2.2 et la fiche Avenir.

2.1 La majorité des candidats sont reçus par désistement car la pertinence de leur classement nécessiterait un marge d’erreur sur la moyenne pondérée des notes de contrôle continu de l’ordre du millième de point, voire inférieure ce qui bien évidemment n’est pas le cas. Et donc pour la grande majorité de candidats, l’écart entre les moyennes du classement est très largement inférieur à une marge d’erreur raisonnable et donc le classement de la majorité des candidatures devient alors essentiellement dû au hasard, donc s’apparente à du tirage au sort.

2.2 Concernant la fiche AVENIR, le bouleversement du classement par la prise en compte de la fiche Avenir nécessiterait une marge d’erreur impossible à assurer par les professeurs principaux qui ne peuvent pas émettre un avis pertinent sur un ensemble de 13.000 formations proposées sur Parcoursup. Par conséquent cette modification du classement relève donc plus du sort que du parcours du candidat.

3/Les choix des commissions d’examen des vœux

Dans chaque formation, une commission d’examen des vœux doit fixer de nombreuses pondérations : pour la moyenne des notes de contrôle continu, pour les notes et la pondération de la fiche avenir, et pour les notes et pondérations des élément à examiner.
Il n’existe aucun cadrage national. Aussi ce jeu de pondération peut changer du tout au tout pour les 13000 formations de Parcoursup, y compris pour un même diplôme, y compris selon la filière d’origine du candidat. En clair, un même candidat pourra ne pas être classé du tout selon les mêmes règles d’une formation à l’autre. Et il n’existe aucun moyen de connaitre ces règles à l’avance. Et même si cette pondération améliore la pertinence du classement dans son ensemble, elle ne peut pas s’affranchir des marges d’erreurs démontrée ci-dessus. La chance jouera donc à plein. Encore une fois, le classement ne dépendra donc pas seulement du candidat, mais aussi énormément du sort.

4 / Priorisation des voeux
Claire et Ethan sont dans Parcoursup…
• Claire souhaite avant tout faire STAPS, mais elle postule également en psycho ;
• Ethan souhaite avant tout faire psycho, mais postule également en STAPS.

Les équipes pédagogiques de STAPS et psycho doivent départager Claire et Ethan, classer leurs candidatures, ce qui n’est pas facile, voire assez hasardeux (voir ici et là).

Pas de chance :
• Claire est classée devant Ethan en psycho ;
• Ethan est classé devant Claire en STAPS .

Claire reçoit alors un “oui” en psycho, mais un “en attente” en STAPS.
Ethan reçoit donc un “oui” en STAPS, mais un “en attente” en psycho.
Malheureusement, Claire ne peut renoncer à sa place en psycho pour la laisser à Ethan… Et Ethan ne peut pas non plus renoncer à sa place en STAPS pour la laisser à Claire.
En conséquence, Claire et Ethan resteront “en attente” sur leur vœu principal, tout en occupant chacun la place que souhaite l’autre. Chacun sera admis à l’université, mais pas dans la filière de son choix.

Claire, Ethan et les autres…
Cette déception de Claire et Ethan est bien difficile à justifier : la priorisation de APB affectait parfaitement Claire et Ethan dans la filière de leur choix, en plein respect des classements des équipes pédagogiques. Lorsqu’on connaît l’importance de la motivation dans la réussite des étudiants, on mesure le danger de ce nouveau fonctionnement.

On pourrait penser la situation de Claire et Ethan un peu artificielle, tout au plus marginale… Mais lorsqu’on sait que deux tiers des bacheliers ont au mieux une mention assez bien et seront en ballottage, leur classement dépendant de l’étude subjective de leur dossier… Lorsqu’on sait que 20% de l’augmentation des bacheliers s’est concentrée sur STAPS l’an dernier… Lorsqu’on sait que le problème s’étend à de nombreux candidats : Claire “en attente” de la place de Ethan, lui-même en attente de la place de Alexandra, qui est “en attente” de la place de Claire… sans qu’aucun d’eux ne puisse débloquer la situation… et avec pour seule limite le nombre de filières… Lorsqu’on sait que ce problème s’applique aussi aux affectations géographiques dans les vœux multiples…
On réalise qu’en réalité seuls les meilleurs candidats sont à l’abri.


5/ Comment les universités sont en train de classer les dossiers

● Les filières sous tensions
«Module d’aide à la décision»: c’est le nom du dispositif de Parcoursup censé venir en aides aux universités pour trier les étudiants et choisir ceux qui pourront intégrer leurs parcours. Ce sont donc dans les filières «sous tension» que cet outil de classement des dossiers jouera un rôle majeur. Ces filières, ce sont principalement les sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), la médecine, le droit et la psychologie.
Ce module permet aux formations d’effectuer un classement des candidats en fonction des critères de leurs choix. Les éléments pris en compte sont les bulletins de première et de terminale, ainsi que les notes des épreuves anticipées du bac de français. L’avis du conseil de classe, communiqué dans une «fiche avenir», pourra également jouer. Pour ces parcours, chaque faculté a construit son propre système de sélection. «Aucun algorithme n’est paramétré, ce sont les commissions d’examen des vœux qui font leurs propres classements en sélectionnant les critères et l’importance qu’elles souhaitent leur donner», précise le ministère.
■En médecine. Ainsi, le président de la très prisée université Paris Descartes Frédéric Dardel expliquait dans Le Parisien aujourd’hui qu’il avait pris en compte les notes de tous les lycéens, mais aussi le taux de mention moyen de leurs lycées de provenance pour «compenser le fait que les établissements ne notent pas tous avec la même exigence». De ce fait l’université prend exemple sur les classes préparatoires, qui utilisent de plus en plus cette méthode afin de ne pas défavoriser les lycées qui notent sec.
«Un sportif de haut niveau aura le même bonus qu’un scientifique avec 18/20 de moyenne en maths ou qu’un jeune pompier volontaire»Didier Delignières, doyen de la faculté de STAPS de l’université de
■En Staps. L’ensemble de la filière s’est mise d’accord au niveau national quatre critères: les notes en sciences, en matière littéraire, les résultats sportifs et l’engagement citoyen ou associatif. L’université de Créteil, par exemple, a reçu 6000 dossiers pour 300 places cette année. Ce quatuor de critères lui permettra de diversifier les profils, selon son doyen Didier Delignières cité par Le Parisien: «Un sportif de haut niveau aura le même bonus qu’un scientifique avec 18/20 de moyenne en maths ou qu’un jeune pompier volontaire»
■Eco-gestion, droit, sciences pour la santé…Frédéric Dardel, dont l’université a enregistré cette année près de 70.000 demandes dans toutes ses filières expliquait aussi il y a quelques semaines au Figaro qu’en éco-gestion, droit et sciences pour la santé, un outil externe à Parcoursup serait utilisé, pour permettre de «gérer les critères de façon plus souple», a indiqué Frédéric Dardel. Un modèle principalement basé sur les notes qui devrait notamment prendre en compte la moyenne des étudiants en licence par rapport à la moyenne qu’ils avaient quand ils étaient encore lycéens. Là aussi, c’est une technique déjà utilisée par l’université Dauphine, qui sélectionne depuis toujours ses candidats.

Quoiqu’il arrive, les universités risquent bien de faire du «surbooking» cette année, en acceptant plus de candidats qu’il n’y a de places. En effet, contrairement au système APB où les lycéens classaient directement leurs vœux, le nouveau système demande d’effectuer 10 vœux, sans les classer. Ainsi, de nombreux jeunes seront sur listes d’attente et se désisteront nécessairement de certaines filières s’ils sont pris dans d’autres. «Nous allons faire du surappel et accepter entre 10 et 20% de candidats en plus que ce l’on a comme capacités d’accueil, expliquait encore Frédéric Dardel dans nos colonnes. Nous savons que certains ne viendront pas et l’idée est donc d’aller plus vite pour que les candidats aient tout de suite une réponse»

● La filière Droit
Les 14 000 dossiers reçus en droit à Paris-I Panthéon-Sorbonne pour 600 places en première année, les 5 700 à Toulouse (1 700 places) ou encore les 1 900 à Toulon (650 places) n’ont pas connu le même sort. « Il n’y a eu aucun paramétrage commun entre universités, déplore un président de commission d’examen. Les facs sont donc parties à l’aventure, en solitaire, et un même lycéen, qui voudra faire du droit à Dijon, à Paris, ou à Nanterre ne sera pas évalué de façon identique. »
Si le ministère a fixé un cadrage national aux « attendus » des licences – ces compétences jugées nécessaires pour chaque discipline de licence –, liberté a été laissée aux établissements pour établir le classement des candidats à partir des différents éléments déposés par les lycéens sur la plate-forme – notes, lettre de motivation, CV…

● Les autres filières
Pour les filières qui disposent de suffisamment de places pour accueillir tous les bacheliers, la donne est bien différente. Dans un premier temps, il avait été demandé à ces parcours de passer tout de même la moulinette Parcoursup et de classer les dossiers. Finalement, devant la perte de temps que ce tri induit, le ministère de l’Enseignement supérieur a accepté que les universités sans tension de places acceptent tout le monde, sans classement.
«Nous dirons “oui” à tout le monde car nous savons d’expérience que cette filière ne devrait pas, chez nous, être en sureffectif»Frédéric Tesson, vice-président de l’université de Pau
«Nous ne classerons que dans les filières en tension, en psycho, en arts plastiques, en théâtre ou en anglais, confirmait au Figaro une enseignante de Montpellier. Pour le reste, nous accepterons tout le monde». Opposée elle aussi au principe du classement des élèves prévu sur la plateforme, la présidente de l’université Lyon II, Nathalie Dompnier, propose quant à elle «d’accepter sans condition toutes les candidatures, tous baccalauréats confondus, dans les filières qui ne sont pas sous tension».
La difficulté pour certaines de ces filières sera de se retrouver en déficit de places à la rentrée, alors qu’ils ne l’avaient pas prévu avant. «En droit, nous avons 2 500 demandes pour 500 places, expliquait au Figaro Frédéric Tesson, vice-président de l’université de Pau. Mais nous dirons “oui” à tout le monde car nous savons d’expérience que cette filière ne devrait pas, chez nous, être en sureffectif». Au risque de devoir accueillir tous ceux qui décideront finalement de venir…

6/ Quels sont les risques de la fin de la hiérarchisation des vœux ?

La procédure annoncée vise à refaire ce que faisait l’algorithme, mais plus lentement. Les candidats ne recevront plus une seule réponse par phase, mais des réponses en continu pour chacun de leurs vœux. Ils auront une semaine pour répondre à chacune, et ne pourront pas garder plus d’une proposition en même temps, en attendant d’autres réponses.

Le ministère espère qu’ils répondront immédiatement afin de libérer leur place pour d’autres candidats. Mais l’expérience montre que les candidats ne sont pas aussi réactifs. S’ils font deux réponses par semaine, ce sera déjà bien. Pour certaines formations, il faudra entre 5 et 8 semaines pour que la quasi-totalité des candidats aient une proposition ou un refus d’admission.

Une autre inquiétude monte avec la fin du classement des voeux des lycéens. « On pourra dire d’un étudiant qui voulait faire du droit et qui se retrouve en LEA avec ce qui était en réalité son dixième voeu qu’il a obtenu ce qu’il voulait »,

7/ Stress chez les lycéens

Il est à craindre que Parcoursup ne crée du stress continu chez les candidats et les familles, alors qu’ils seront à quelques semaines du bac, puisque le ministère a décidé d’avancer la publication des réponses de la plate-forme au mois de mai.

Imaginons, en mai, une classe de terminale de 40 élèves. Elle sera coupée en deux, entre les bons élèves qui auront des premières propositions et les autres, dans l’attente.

Pensons aux  pressions que cela peut générer sur les candidats qui sont en train de choisir, s’il s’agit d’une formation (prépa ou d’un BTS) adossé au lycée.

Le signal envoyé à ceux qui auront une place que par défaut, par le jeu des désistements, alors qu’ils ont potentiellement bien ficelé leur projet, est catastrophique.

Ceux qui sont très brillants trouveront leur place. En revanche, tous les autres, la majorité des jeunes ainsi que leurs parents, seront inquiets.

Les élèves avec de bons dossiers recevront plusieurs « oui » très tôt, mais une partie des lycéens risquent de n’avoir que des « en attente ».

Dans Parcoursup, les étudiants auront 10 jours pour choisir parmi les formations qui les acceptent. Ils dégageront ainsi des places et d’autres tours sont prévus par la suite. Le gouvernement espère que tout se régulera rapidement. On ne peut que le souhaiter, mais rien n’est moins sûr. Si certains étudiants (les meilleurs) auront 10 «oui», d’autres plus nombreux récolteront 10 «en attente». Il y a d’abord un évident problème d’ajustement au nombre de places disponibles.

Autre difficulté potentielle, le ressenti, voire des tensions, dans les classes de terminale. Les élèves avec de bons dossiers recevront plusieurs « oui » très tôt, mais une partie des lycéens risquent de n’avoir que des « en attente ». Il faudra veiller à l’accompagnement au niveau des lycées, alors que les jeunes se préparent au bac.

8/ Parcoursup : Quelle place pour le lycée d’origine dans le tri des dossiers ?

En premier lieu, il faut être conscient des différence entre lycées (voir plus loin) : l’expérience montre, même en restant prudent, qu’une moyenne de 10 dans un lycée d’élite est une bien meilleure garantie de réussite qu’une moyenne de 14 dans un lycée défavorisé. Si l’objectif est de recruter des étudiants qui vont réussir, il est donc indispensable de prendre en compte le lycée d’origine dans le tri des candidatures.

Le mérite est une notion molle dont on ne fait généralement rien. Mais supposons qu’un élève ayant 14 dans un lycée défavorisé est plus méritant qu’un élève ayant 10 dans un lycée d’élite. Si l’objectif est de prendre en compte le mérite des étudiants, il convient de ne surtout pas prendre en compte le lycée d’origine dans le tri des candidatures.

Comment la commission des voeux va trier les lycées avant les candidatures ?
Si 14 dans un lycée ne vaut pas 10 dans l’autre, il faudrait définir officiellement le nombre de points de bonification par lycée, et l’appliquer collectivement : +4 à la moyenne pour tel lycée, +0 pour tel autre. Dans l’idéal, c’est même les rectorats qui devraient fournir cette information, puisqu’ils sont les mieux à même de connaître les lycées et d’éviter les divergences d’interprétation. Un tri officiel des lycées serait donc indispensable : une véritable consécration de la sélection sociale dans le système éducatif.

Ajoutons que compte tenu des différences, un tri des candidatures par lycée plutôt que par moyenne serait tout aussi efficace lorsqu’il s’agit de trier les bacheliers, ce que l’actuelle réforme du Bac va encore renforcer.

La commission des voeux va se retrouver tiraillées entre évaluer les chances de réussite et le mérite des candidats.

En l’absence de bonne décision et de cadrage, un même dossier sera donc bonifié ou pas selon que l’examinateur connait le lycée ou pas, pense que le lycée est bon ou pas, qu’il a décidé par lui-même de prendre en compte ce critère ou pas, etc.. Et cette évaluation ira jusque dans les appréciations : “turbulent” dans un lycée REP a-t-il la même signification que dans un lycée d’élite ? Et jusque dans les classes : 11 avec dans une classe qui a 6 de moyenne a-t-il la même signification que 11 avec 12 de moyenne ? Est-ce l’enseignant qui note plus sec, ou la classe qui est de moins bon niveau ? Faut-il classer les profs comme on devrait classer les lycées ? C’est sans fin…

En conséquence, la prise en compte du lycée se fera de façon totalement aléatoire dans le tri des dossiers de candidature Parcoursup.

• mettez votre enfant dans un lycée moyen ou défavorisé, et il sera peut-être pénalisé par ce choix
• mettez votre enfant dans un lycée ou une filière d’élite, et il sera peut-être aussi pénalisé par ce choix.

9 / Le début de la sélection dans toutes les filières d’enseignement supérieures

 C’est très simple : toutes les filières universitaires vont désormais classer les candidats. Elles pourront d’ailleurs, à ce titre, utiliser les outils d’aide à la décision qui ont été développés pour les filières sélectives, par l’ancienne équipe de APB , permettant d’effectuer un classement des candidats selon leurs notes ou autres éléments de leurs dossiers (CV, parcours,…).

Elles auront ensuite le droit, si les capacités d’accueil sont atteintes, d’accepter seulement certains candidats. Dans ce cas, il s’agit bien d’une sélection.

Avec la loi qui sera promulguée au JO en décembre 2017, les universités classeront elles-mêmes les dossiers, transmis par informatique. Elles pourront donc dire «oui» en priorité aux jeunes qu’elle estime les mieux à même de réussir.

Mais il y a bien plus grave: certaines facultés profiteront du nouveau système pour sélectionner leurs étudiants afin de rehausser leur prestige. En effet, les attendus me semblent souvent déconnectés de la réalité scolaire. Des formations universitaires sont parfois plus exigeantes que les classes préparatoires et l’étudiant ayant entre 8 et 12 de moyenne (ce qui correspond à 25 % des lycéens) risque d’être refoulé partout, surtout s’il était en formation technique ou professionnelle. Tout le monde ne fait pas S ou n’a pas de mention Bien ou Très bien! En outre, les moyens ne sont pas délivrés en fonction des effectifs. En fait, chaque université négocie son budget avec le ministère de tutelle et le nombre d’étudiants inscrits n’est qu’un critère parmi d’autres. Aussi un moyen de résoudre le problème aigu de financement des établissements post-bac est de réduire leur effectif de 10 % en utilisant l’arme de la sélection.

Le fameux algorithme qui fait fonctionner la machine « Parcoursup » a été publié. Des indicateurs actualisés chaque jour permettent de suivre l’évolution des admissions. Chaque candidat connaît également son rang sur la liste d’attente. Mais pour protéger les secrets des délibérations de la commission des voeux , les universités n’ont pas l’obligation de communiquer les algorithmes utilisés localement pour classer les candidats. Et ce sont ces « pondérations » apportées aux notes, au projet de formation motivé ou à la fiche Avenir qui permettraient à un candidat d’avoir toutes les cartes en main pour comprendre les réponses formulées par les formations.

10 / Le Conseil de classe : des spécialistes de l’orientation ?

En réalité, si les enseignants du lycée peuvent forger leur avis sur une bonne connaissance du lycéen, il n’est pas raisonnable de leur imposer de connaitre les 13000 formations proposées dans Parcoursup, ni même les appréciations données à des lycéens équivalents dans tous les lycées de France. Un même candidat peut donc en réalité avoir des avis très différents. Le classement effectué par les équipes pédagogiques avec la fiche AVENIR repose entièrement sur la pertinence des appréciations formulées.

Les conseils de classe n’auront pas le temps de regarder toutes les candidatures.

Pour aider les enseignants à accompagner les élèves dans la construction de leur projet post-bac, un parcours disponible en auto-formation sera ouvert aux enseignants à partir du 15 janvier sa durée sera de « quatre heures maximum », et il comportera 5 modules !

Les enseignants ne SONT PAS des conseillers d’orientation et ils ne seront donc pas formés pour cette mission.

En réalité, si les enseignants du lycée peuvent forger leur avis sur une bonne connaissance du lycéen, il n’est pas raisonnable de leur imposer de connaitre les 13000 formations proposées dans Parcoursup, ni même les appréciations données à des lycéens équivalents dans tous les lycées de France. Un même candidat peut donc en réalité avoir des avis très différents. La fiche AVENIR est donc

Les lycéens doivent impérativement connaitre l’avis du conseil de classe pour chacun de leur voeu avant de le confirmer, si le conseil de classe émet un avis défavorable nous conseillons au lycéen de supprimer le voeu.

 

11 / Place garantie

En 2018, les établissements seront dans le flou le plus complet pour recruter leurs élèves.

Dans Parcoursup, les étudiants auront 10 jours pour choisir parmi les formations qui les acceptent. Ils dégageront ainsi des places et d’autres tours sont prévus par la suite. Le gouvernement espère que tout se régulera rapidement. On ne peut que le souhaiter, mais rien n’est moins sûr. Si certains étudiants (les meilleurs) auront 10 «oui», d’autres plus nombreux récolteront 10 «en attente». Il y a d’abord un évident problème d’ajustement au nombre de places disponibles. Imaginez qu’une filière ne peut former au grand maximum que 500 étudiants (lorsqu’il est impossible de pousser les murs et de recruter de nouveaux enseignants), combien de «oui» délivrera-t-elle? 1 000? 2 000? Plus? Sachant que parmi ceux qu’elle acceptera, un nombre indéterminable d’élèves ne la choisira pas. Si la sélection est trop sévère, la formation risque de se retrouver avec seulement 200 étudiants. Si elle est plus large, elle en aura 800 qu’elle ne pourra pas accueillir. La raison commande d’être sévère, d’autant plus que le rectorat complétera en juillet. Quelles seront les réponses que pourront donner les élèves pour garantir leur place dans un établissement, mais en attente dans un autre plus en accord avec ses choix ?

14/ Pas de secteur géographique

Le lycéen n’est plus prioritaire dans son académie et donc il existera une concurrence plus importante dans les universités prestigieuses puisque celles-ci recevront des candidatures de toute la France.

15/  Délai de réponse

Dans Parcoursup, les étudiants auront 10 jours pour choisir parmi les formations qui les acceptent. Ils dégageront ainsi des places et d’autres tours sont prévus par la suite. Le gouvernement espère que tout se régulera rapidement. On ne peut que le souhaiter, mais rien n’est moins sûr. Si certains étudiants (les meilleurs) auront 10 «oui», d’autres plus nombreux récolteront 10 «en attente». Il y a d’abord un évident problème d’ajustement au nombre de places disponibles.

On recule le choix définitif d’orientation qui risque de se faire à la va-vite.

 

 

Messages du forum

Ajouter un message

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.